A
100 de l'an 2000
Cet été, nous vous proposons
avec Jacqueline et Julien une série historique sur le quotidien
des Roncquois
il y a un siècle. Un quotidien difficile, mais pas si triste
que çà!
Les
distractions
La
vieillesse
Religion, croyances et superstitions
Le travail et les usines
La nourriture
Hygiène...
et la toilette
Photos
anciennes
I1 ne faudrait pas penser que. malgré la précarité
et les contraintes, nos aïeux étaient des gens tristes !
Oh non alors !
Les temps forts, les ducasses. celles du centre à la Pentecôte
et le dimanche d'octobre pour la dédicace de Saint-Piat et celle
du Blanc Four pour la dédicace de Saint- Roch au mois d'août.
Pour la circonstance, on tuait le lapin élevé exprès
pour cela, cuit avec des pruneaux et des raisins, parfois de la bière,
avec pour commencer une bonne soupe avec les légumes du jardin
et comme dessert une tarte à gros bord ou un gâteau fait
avec de la crème du lait, après qu'il ait été
bouilli.
L'ambiance des cabarets
Après le repas, chacun chantait sa chanson ou racontait une "
garlousette ". Vers 17 heures, au soir, on partait à la
Ducasse et pendant que les enfants déambulaient parmi les manèges,
les adultes entraient dans l'un des nombreux " cabarets "
de la place où il y avait de l'ambiance. Il y avait aussi les
fêtes de quartiers. Aux Chats-Huants, au Four continu, rue de
1a Latte, à l'Egalité, aux Faubourg, à la gare.
Des jeux concours, chanteurs sur un podium, courses à vélo,
courses à sac, carrousel et bien d'autres encore.

1914 - joueurs de xylophone chez Florian-Dalle,
rue de Bousbecque, lors de la ducasse de Roncq.
Il y avait à Roncq beaucoup de cafés qui étaient
le siège de l'une ou l'autre des sociétés locales.
Les coulonneux étaient nombreux le jour des concours. Ils mobilisaient
toute la famille. Sitôt le pigeon rentré ils enlevaient
la bague qu'il jetaient dans le tablier que tendait l'épouse
en bas de l'escalier. Un gamin s'en emparait et courait le plus vite
qu'il pouvait le porter au siège car un constateur coûtait
très cher.
Pinsons rendus aveugles
Au printemps et en été. il y avait des concours de pinsons.
Ceux-ci étaient enfermés dans une cage spéciale
avec un seul côté ouvert. On les alignait le long d'un
mur à quelques mètres l'une de l'autre et devant chacune
un participant notait, sur une règle, un trait chaque fois que
le pinson chantait son chant en entier. C'était le propriétaire
de la cage n°1 qui surveillait le n°2 et ainsi de suite.
Certains aveuglaient leur pinson en collant leurs paupières avec
un petit fer rougi pour qu'il chante plus, paraît-il ! Avez-vous
déjà vu dans la nature un oiseau se cacher pour chanter
? D'ailleurs, un vrai amateur de pinson n'aurait jamais aveuglé
son oiseau.
Dans les cabarets, il y avait des jeux de boules, de cartes (avec le
cachet des contributions indirectes sur l'as de trèfle sous peine
d'amendes), jeux de fléchettes, société des archers,
concours de combats de coq, de chiens ratiers. Après les concours,
les chansons fusaient, les hommes étant animés par quelques
verres de bière ou de genièvre.
Dans certains estaminets, il y avait un orgue mécanique (ou crin-crin)
qu'il fallait faire marcher à la main. Un bal étaient
organisé mais gare à celui qui restait ouvert après
l'heure du couvre-feu (22h).
Les personnes qui savaient chanter étaient très recherchées
ce qui leur valait quelques verres gratuits. Des maris profitaient des
talents de leur épouse pour boire à " 1'oeil ".
Femmes et enfants accompagnaient souvent le mari, ce qui leur faisait
une petite distraction au milieu de la grisaille de la semaine.
Autour des usines, lorsque donnent les machines, on voit
venir les vieux aux pas tremblants, qui murmurent tristement, pouvoir
plus rien faire, c'est crever d'misére... "
C'est ce que chantaient autrefois nos aïeux du début du
XXème siècle. C'est vrai qu'avant l'attribution des allocations
retraite, quand un homme ou une femme quittait l'usine, c'était
souvent parce qu'ils étaient épuisés ou malades
et que l'argent pour vivre ne rentrait plus à la maison. Ils
travaillaient donc le plus longtemps possible. Nous avons ainsi retrouvé
un tisserand de 75 ans, un ouvrier de ferme de 78 ans, une fileuse de
82 ans, vers 1904. C'étaient courant au début du XXème
siècle. Quand il n'y avait plus moyen de travailler, les enfants
accueillaient parfois chez eux, leurs parents, si toutefois ils avaient
de la place. Le mieux était quand une fille était restée
célibataire, sa place était toute trouvée auprès
des parents âgés. Ils pouvaient ainsi finir leurs jours
paisiblement. Ou alors il restait l'hospice comme on disait alors. L'hospice,
objet de crainte et d'attirance à la fois, car y entrer c'était
connaître la sécurité, mais c'était aussi
perdre le peu de liberté, ces petites choses personnelles qu'on
aime : taisser son oiseau, son chat,ou sont chien, et surtout pour les
ménages, être séparés. Car il va 100 ans,
il n'existait pas encore ce qui fut appelé " les petits
ménages " où les gens mariés vivaient ensemble.
A Roncq, en 1905, l'hospice (maison de retraite) comprenait deux dortoirs
pour les hommes et deux pour les femmes, un réfectoire pour les
hommes et un autre pour les femmes. Deux lingeries, deux infirmières
et tout pareil, pour bien séparer les deux sexes.

en 1965, à l'hospice de Roncq. De chaque
côté d'une allée paysagée, les fameux "petits
ménages",
ils permettaient aux couples de rester ensemble.
Le règlement laisse parfois rêveur ! On change de linge
chaque semaine, de draps tous les mois. Les employés sont tenus
de faire prendre un bain ou une douche une fois par mois. Les résidents
se lèvent à 5h du matin en été, 6 h en hiver
et se couchent à 20h en été et 19h en hiver. Le
repas de midi est servi à llh30 et le souper à 6h30 du
soir (18h30). Les menus se composent presque tous les jours de rata
à midi, de lait battu et pain le soir. Sorties autorisées
les jeudis et dimanches de 12h à 19h, l'été, et
jusqu'à 18h seulement l'hiver. Plus tard, entre les deux guerres,
les plain-pieds des petits ménages furent construits ce qui permettait
aux couples de rester ensemble. Des couples restaient le plus longtemps
possible chez eux, vivant de leurs faibles économies, de secours
du bureau de bienfaisance, bons de pain , charbon et assistance médicalisée
gratuite. Si la maison avait un jardin potager, il était d'une
grande assistance à la belle saison. On mangeait rarement de
la viande. Comme distraction, aux beaux jours, on s'asseyait le soir
devant la maison, bavardant avec les voisins. L'hiver c'était
l'isolement au coin du feu, la platine en était enlevée
et la lueur du foyer permettait d'économiser le pétrole
et plus tard l'électricité. On échangeait les souvenirs,
transmettant l'histoire du passé. C'était il n'y a pas
longtemps, seulement 60 ans.

Le 1er mai 1950, une religieuse et un couple de retraités mis à l'honneur à l'hospice de Roncq.
Religion, croyance et superstition
Presque tout le monde faisait baptiser ses enfants, leur faisait faire
la " communion solennelle ", on se mariait à l'église
et très rares étaient les enterrements civils pour ne
pas, disait-on, " être enterré comme un chien ".
Les lois de l'Eglise étaient très strictes. Bien sûr,
assister à la messe tous les dimanches et fêtes d'obligations
(Noël,
Ascension, Assomption et Toussaint). Les communions à ces fêtes
étaient comptabilisées. A l'église, les hommes
devaient se mettre à droite, les femmes à gauche. Aucune
femme ne se serait présentée à l'église
sans avoir la tête
couverte. Pas un mot, pas un écart n'était toléré.
Le suisse toujours présent avec sa hallebarde s'arrêtait
quelques minutes
près des contrevenants les désignant ainsi à l'entourage.
Certaines usines ne recrutaient leur personnel que sur
une recommandation du clergé, c'est ce qu'on appelait "
avoir un
billet du curé ".
Il y avait aussi " l'Avent ", " Le Carême ",
" Les quatre temps " où les fidèles devaient
faire pénitence et s'abstenir de
manger de la viande alors que par leur pauvreté il n'en mangeait
pas souvent. Pendant ces périodes, il était interdit de
se
marier et, les jeunes auront des difficultés de nous croire,
défendu aussi d'accomplir le devoir conjugal, sous peine de
péché.
Un croyant faisait ses prières matin et soir et portait des médailles
accrochées à sa chemise, il avait un chapelet dans sa
poche.
Il y avait aussi les " Missions ". Genre de retraites collectives
qui duraient plusieurs jours, prêchées par des pères
missionnaires dont les sermons duraient longtemps (record lh30 vécu
par un Roncquois). On y distribuait images et
statues de la Sainte-Vierge ou crucifix.
Les gens pratiquants avaient surtout peur de l'enfer. Prédications,
gravures, image de l'époque montrant les damnés
livrés aux flammes éternelles avec un diable armé
d'une fourche les poussant vers le feu. Le jansénisme avait marqué
la
vallée de la Lys.
L'eau bénite, le pain de St-Hubert, le buis béni n'auraient
jamais fait défaut chez un bon chrétien. Il y avait l'eau
bénite
de Pâques, et celle de la Pentecôte dite de l'orage. Car
on en aspergeait alors toutes les ouvertures de la maison, même
le
feu. Dans certaines maisons, on recitait le chapelet et le début
de l'Evangile de St-Jean. Le buis était accroché à
tous les
crucifix de la maison, même dans les dépendances, on en
mettait aussi dans le jardin.
Quant au pain de St-Hubert, tout le monde, même les animaux en
mangeaient un bout afin d'être préservé de la rage.
Les gens, même pratiquants, croyaient dur comme fer aux jeteurs
de sort et il y avait beaucoup de choses qu'il ne fallait
pas faire. Par exemple, ouvrir un parapluie dans une maison, renverser
du sel, croiser 2 couteaux, croiser un chat noir
sur sa route, certaines personnes n'auraient, pour rien au monde, passé
près d'un cimetière à la nuit tombée et
bien
d'autres choses encore.
Tout cela fait rire maintenant, pourtant c'était il n'y a pas 100 ans.
Si l'on excepte les ouvriers agricoles, les garçons
brasseurs, boulangers, bouchers ou terrassiers dans les tuileries,
presque tous les hommes dans le milieu ouvrier travaillaient dans le
textile: soit chez Leurent, filature de lin, à laquelle
fut rajouté un tissage de laine (Motte en 1920, puis Activai),
soit encore au Tissage de toile de la Vallée, propriété
d'Antoine Delahousse. Après la guerre de 1914-1918, cette usine,
en partie démolie par les bombes, fut rebâtie et abrita
alors un tissage de jute appelé par tous les Roncquois "
l'fabrique à sac " (ensuite Sylvalac).
La famille Delahousse, Félix et Lucien, possédait encore
un tissage de toile et linge de maison rue de Bousbecque et
toujours dans la même rue il y avait encore une filature et tissage
de toile et tissu ameublement Vienne et Bonduel. Il ne
manquait donc pas de travail à Roncq mais certains allaient travailler
à Tourcoing, à vélo, en train, ou même à
pied.
Le travail était très dur, des journées de 10 heures.
Seuls les dimanches et jours fériés étaient jour
de repos.? Pas de
congés payés non plus. On est loin de la semaine des 35
heures et des 5 semaines de vacances.
A midi, ils avaient 1h ou lh30 pour manger. Certains mangeaient une
" gamelle " qu'ils faisaient réchauffer sur place,
d'autres allaient à la cantine ou aux cafés-dîneurs,
nombreux près des usines.
Et les femmes ?
Et les mères ?
Les hommes étaient tisserand, bacleur, fileur, cardeur, donneur
de fil, débourreur, encolleur, monteur de chaînes,
rentreur, etc.
Les femmes travaillaient aussi dans les usines, elles étaient
bacleuses, cardeuses, canneteuses, dévideuses, doubleuses,
fileuses, ourdisseuses, tisserandes, trieuses, piqûrières,
visiteuses, éplucheuses, etc.
Après leur mariage, elles travaillaient jusqu'à la naissance
de leur premier enfant. Après l'accouchement, elles retournaient
travailler le plus tôt possible (car le congé maternité
n'était pas prévu) en confiant leur bébé
à une grand-mère, une sur, belle-sur, ou à
une nounou. C'est souvent après la naissance du 2ème enfant
qu'elles arrêtaient l'usine mais ce n'est pas pour autant qu'elles
se reposaient. Certaines ouvraient alors un petit commerce d'épicerie,
de mercerie ou un cabaret, ce qui permettaient de gagner un peu d'argent
tout en soignant leur petite famille, d'autres devenaient couturière,
tricoteuse, rempailleuse de chaises, modistes. Parfois les enfants élevés,
elles retournaient " à l'fabrique " comme on disait
alors car il fallait assurer sa vieillesse, la retraite n'existait pas.




La nourriture
La nourriture de base était : les pommes de terre, le pain et
le lait battu (babeurre).
Quand on avait un jardin assez grand, on cultivait suffisamment de pommes
de terre pour tout l'hiver, mais quel boulot! Planter, biner, ramasser,
les doryphores, puis récolter, entreposer et 1 ou 2 fois dans
l'hiver enlever les germes (gernons), c'était plus simple (mais
plus cher) de les acheter à la ferme ou au marchand.
Le pain était vendu à la pièce de 2 ou 3 livres.
Avant d'entamer un nouveau pain, la femme faisait une croix avec la
pointe de son couteau en disant: " Dieu bénisse ce pain
et tout ceux qui vont en manger " ou dans une version moins pieuse:
" Bénissez ce pain pour celui qui le mange, celui qui n'en
veut pas qu'il le laisse là ". Le beurre, trop cher, était
souvent remplacé par du saindoux ou de la margarine.
Pour le déjeuner (le matin) ou le goûter, c'était
tartine et café (avec de la chicorée) avec parfois de
la confiture faite maison, surtout avec de la rhubarbe qui poussait
au jardin. Peu de sucre qui était acheté en vrac à
l'épicerie du quartier.
Une friandise très appréciée, c'était la
mélasse de betterave sur les tartines. Cette mélasse servait
dans l'alimentation des chevaux, mélangée à leur
picotin (vendue en tonneau, encore en vente à Roncq en 1945-50).
Pour le dîner (à midi), toujours pour commencer, de la
soupe avec les légumes du jardin (pour l'hiver, on conservait
carottes, navets dans un silo et les poireaux profondément dans
la terre pour qu'ils ne gèlent pas). Parfois on y mettait un
os acheté chez le boucher, c'était meilleur. Ensuite,
des pommes de terre cuites à l'eau, agrémentées
de quelques légumes ou de sauce blanche parfois un peu de viande
ou du pâté. L'hiver, on faisait surtout du " rata
" aux choux, aux navets, aux poireaux et bien sûr pommes
de terre.
Rollmops le soir !

Maurice Bouvaine, président des jardins
ouvriers roncquois en 1977.
Le souper (le soir) consistait souvent en une " jatte de lait battu
" avec du riz et des pommes à cuire (on y ajoutait de la
cassonade). Le lait battu acheté à la ferme devait cuire
sur le feu et bouillir doucement sans attacher au fond. Pour cela, il
fallait " touiller " sans arrêt jusqu'à la cuisson.
Ce travail était souvent confié à une enfant, muni
d'une louche de bois ou une " écumette ". Parfois,
on avait une pomme de terre au four, des pâtes ou du riz ou encore
un rollmops, hareng confit dans du vinaigre avec une tranche d'oignon,
ou encore un " sauret " (hareng fumé).
Le dimanche, il y avait parfois du bouilli (bien dur). On mangeait alors
le bouillon avec du vermicelle et la viande avec les légumes
ayant servi à la cuire.
Dans presque chaque famille, on élevait des lapins qui servaient
de plats de fête pour Noël, Nouvel An, ducasse, mariage,
etc.
La boisson était la bière que l'on allait chercher avec
un pot au cabaret le plus proche. Les plus aisés l'achetaient
par tonnelet qui était livré directement à la maison.
Quant aux desserts, ils étaient pratiquement inexistants. On
mangeait parfois des pommes, poires, prunes, groseilles, cassis, croqu'poux
(groseilles à maquereaux) du jardin, mais jamais du magasin car
c'était un luxe.
Une orange était un cadeau de Noël très apprécié
par les enfants qui la mangeaient dévotement un quartier chaque
jour.

les enfants "François"
(jardiner au château Verhaeghe) dégusteront une bonne soupe de
potiron
Lait tourné au dessert
L'été, parfois, la maman fabriquait un dessert très
apprécié de tous. Quand il faisait chaud et orageux, le
lait que l'on allait chercher à la ferme tournait. Au dessus
de la casserole, il y avait un liquide clair (le petit lait) et au fond
une crème épaisse. La maman versait alors le tout dans
un linge propre et laissait égoutter. Ceux qui aimaient buvaient
le petit lait. Quant à la crème, on la recueillait dans
un bol, on l'écrasait à la fourchette en ajoutant de la
cassonade, c'était délicieux, Cela se faisait encore vers
1960.
En automne, on ramassait dans les pâtures des poires dites de
St-Mathieu, immangeables au couteau mais si bonnes
après cuisson avec de la cassonade. Elles devaient cuire des
heures à feu très très doux. Mais quel délice.
Allez trouver maintenant des poires St-Mathieu poussant dans les pâtures!
L'hygiène... et la toilette
L'an dernier, Jacqueline et Julien nous avaient fait revivre le parcours
d'un Roncquois de sa naissance au service militaire en passant par la
communion, le mariage... Cet été, après les fiançailles,
le mariage, les habitations et les habits d'antan, voici un chapitre
sur l'hygiène. Croustillant !
Les maisons des tisserands étaient construites pour le confort
du métier à tisser. L'ouvroir était percé
de petites fenêtres afin de limiter l'ensoleillement et toujours
orienté entre Ouest et Nord-est où le soleil se montre
peu.
Une seule chambre pour parents et enfants d'où promiscuité.
Il n'y avait qu'un feu qui, par économie, était éteint
la nuit.
L'hiver, il faisait parfois si froid que le pipi gelait dans les vases
de nuit.
Quand aux sanitaires, ils étaient plutôt précaires.
Il n'y avait bien sûr pas de salle de bain et les wc étaient
souvent
communs.
Au bout de la rangée, une sorte de cahute en planche: les wc.
Le siège était une planche percée d'un trou, la
lunette,
parfois 2: un pour adulte et un autre plus petit pour enfant et, sous
les pieds une planche amovible permettait de vider la
fosse. Son contenu se vidait sur les jardins comme engrais. Le papier
toilette était absent, du papier journal en faisait
office. Les fermiers achetaient parfois le précieux liquide comme
engrais. Mais beaucoup de maisons avaient leur
"cabinet" individuel.
Comme il n'y avait pas de salle de bain, la toilette du matin était
assez sommaire, une cuvette sur la table avec l'eau du
puits, on se débarbouillait le visage et les mains.
Le samedi, pour faire sa " grande toilette ", on prenait une
grande bassine " ou cuvelle " (qui servait aussi pour la
lessive), on y mettait 2 ou 3 seaux d'eau que l'on avait mis chauffer
auparavant, et l'on se plongeait là dedans. Quand il y
avait plusieurs enfants, la même eau servait pour tous, car imaginez
si vous étiez 5 ou 6 enfants, le nombre de seaux
d'eau à puiser et faire chauffer! On se savonnait au savon de
Marseille et les cheveux au savon mou (on disait savon
noir!) Et l'eau servait encore parfois à laver la maison.
Il n'est pas étonnant que dans toutes ces conditions les maladies
étaient nombreuses (tuberculose, bronchite, infection).
Lorsque quelqu'un était malade, on appelait le médecin
que lorsqu'on avait épuisé tous les remèdes connus
depuis des
générations et ils étaient nombreux. Nous n'allons
pas reprendre ici tous les remèdes anciens dont nous avons parlé
dans
le livret " Trucs et remède de nos anciens ".
La mortalité infantile était très importante, il
y avait d'ailleurs au cimetière un coin réservé
aux petits enfants, hélas bien
rempli. Toujours visible au cimetière du Centre.















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Jacqueline et Julien avec l'aimable autorisation de Nord
Eclair |