Allée des Ormeszoom sur la vue aérienne

 

Les rendez-vous de l’histoire roncquoise suivent leurs cours, tranquillement. Aujourd’hui, notre conteur nous emmène au coeur d’une des dernières rues à avoir vu le jour : l’allée des Ormes. Une rue qui n’était autrefois que de pâtures et de champs...
Cette voie est une des dernières nées de Roncq. Elle dessert un nouveau lotissement dans lequel se trouve aussi, l’allée de la Prairie. On y a accès, à peu de distance de la rue de Lille, par la rue de Linselles ou la rue Pasteur. Mais de chaque côté, au début, un panneau indique, rue Saint Roch. C’était l’ancien nom, nous a dit Nathalie, une habitante d’une des nouvelles maisons. On disait « chemin de Saint Roch ». Il n’y avait là que champs de culture agricole et pâture, se souvient Jean un vieux « Blancfourno » et quelques anciennes maisons restées en place. Le hasard qui nous a fait sonner chez Alain et Nathalie Varlet, était heureux. Alain étant le président de l’association des habitants du lotissement. C’est le « bâtisseur » qui donna ce nom « Ormes » au lotissement. Il donnait un nom d’arbre différent suivant le style des maisons. La première tranche de 65 maisons fût construite vers 1990 et dénommée « Domaine de la prairie ». La deuxième tranche vers 1993. C’est le « Domaine 
des près ». Le reste vers 1995. L’ensemble comprend trois « Raquettes » - voies sans issue - terminées par une petite placette permettant aux véhicules de faire un demi-tour. Les quelques maisons anciennes sont desservies par le chemin Saint Roch avec une sortie sur la rue Pasteur. Au bout du lotissement on a des champs à perte de vue. Du temps où les ormes étaient légion 
Que sont ces « ormes » dont nos anciens parlaient avec une nuance de respect et d’admiration dans la voix ? Un arbre de 20 à 30 mètres de haut, souvent planté (nous apprend le petit Larousse) dont le bois solide et souple est utilisé en charpente et ébénisterie. Des ormes, il y en avait beaucoup à Roncq au début du siècle passé. Nos ancêtres en appréciaient les qualités. Les allemands aussi ! qui pendant la guerre de 1914-1918 déboisèrent littéralement notre commune. Les troncs d’arbre étaient envoyés par chemin de fer en Allemagne. Au début du siècle passé beaucoup de meubles étaient en orme. Un spécialiste du bois, Emile Braems, bien connu des Roncquois s’écria : « Quelle belle pièce ! Et c’est de l’orme ! » quand il vit dans une maison, où il effectuait des travaux de menuiserie, une armoire à « l’ancienne ». Deux tiroirs en haut, deux portes au milieu et un grand et large tiroir en bas. Deux colonnettes tournées encadrant la partie centrale. Des moulures agrémentant le tout : « C’est mon arrière grand-père, Auguste Duynslager qui a fait cette armoire comme cadeau de noce à ma mère, en mai 1917 » , lui dit le propriétaire du meuble, tout à la main bien sûr ! D’autres Roncquois - Joseph Debrauwer (un tisserand), 
Paul Vanwallegem dit « Ballon » (récupérateur de chiffons et métaux) - firent aussi des meubles qui sont toujours là. Pour l’orme, le chef d’œuvre était le guéridon en « loupe d’orme », verni au tampon. La « loupe d’orme » est la partie située à la base du tronc juste avant les racines. Le bois y est de couleurs allant du noir au jaune clair avec des nœuds et veines en tous sens. Le vernis « au tampon » était le résultat de plusieurs couches de vernis mises avec un tampon et un séchage entre chaque application. Une véritable « glace » posée sur le meuble. Malheureusement, les ormes, en France, ont été atteints par une maladie due à un champignon microscopique.Merci à tous ceux qui nous ont aidé pour cette page d’histoire de Roncq. En espérant ainsi répondre aux voeux d’enseignants et de nombreux Roncquois qui apprécient les anecdotes et nous demandent de transmettre tout ce que nous savons et avons vécu. Prochain article : Il y avait une vie et des activités, il y a plusieurs centaines d’années là ou se trouve l’allée des Ormes. Nathalie et Alain Varlet, président de l’association du lotissement des Ormes en ont les preuves authentifiées, que l’on a pu voir...Un petit coin de Roncq que l’on croyait sans histoire. Grâce à la passion d’un nouveau Roncquois, Alain Varlet, habitant le domaine de la Prairie et président de l’association des riverains, des pages inconnues de l’histoire de Roncq affleurent. Laissons-le s’exprimer. « Tout jeune déjà, j’avais une passion pour l’histoire. J’ai longtemps rêvé de devenir archéologue ou chasseur de trésors... J’ai participé à plusieurs 
campagnes de fouilles dans l’église St-Christophe à Tourcoing avec Alain Plateaux et j’ai toujours orienté mes sorties et mes congés sur la découverte d’une région, de son architecture, son histoire, ses traditions. Virus que j’ai transmis à ma famille ».
« L’âge venant, je suis un peu rentré dans le rang tout en conservant le goût pour les choses anciennes et leur part de mystère... C’est il y a plus de dix ans le virus s’est réveillé en moi. Après avoir longtemps vécu en ville, nous avons décidé de faire construire dans un lotissement au Blanc-Four à Roncq. Dès les premiers coups de pelle et le passage des excavatrices, je me suis très vite aperçu, lors de mes visites régulières sur le chantier de ma maison, que toutes les parcelles étaient jonchées de tessons de poteries diverses ». « Un de mes désirs les plus secrets venait de se réaliser, j’avais trouvé mon " eldorado" ... »
« J’ai immédiatement pris contact avec José Barbieux, archéologue et conservateur du musée d’histoire locale de Tourcoing ».
Une fosse médiévale « Je lui ai régulièrement apporté des cartons entiers de trouvailles qu’il m’a consciencieusement commentées, remises dans leur contexte historique et local, me prodiguant de nombreux et judicieux conseils. Ces « traces d’histoire » sont désormais entreposées dans les annexes du musée. S’y retrouvent pêle-mêle, des poteries, un boulet de canon (remontant peut-être à la fameuse bataille de Tourcoing), des pièces de monnaies relevées dans les boues d’une 
ancienne source transformée en mare aux canards, etc ». « Deux découvertes marquantes ont émaillé mes randonnées roncquoises sur les quelques hectares qui constituent désormais le « Domaine de la prairie », rue St Roch et allée des Ormes : une fosse médiévale (un ancien dépotoir en quelque sorte) emplie de tessons de poteries grises et noires caractéristiques du 
haut moyen-âge (XIVe/XVe siècle). Cette découverte a été enregistrée auprès de la direction des antiquités historiques de Villeneuve-d’Ascq sous la référence 90/2546 en date du 11 décembre 1990. Elle est désormais « protégée » sous les fondations et la terrasse du 18, allée des Ormes... Une écuelle fort joliment décorée et archéologiquement intacte (c’est-à-dire parfaitement reconstituable et identifiable par les archéologues) datée du fin XVIé, début XVIIé siècle. Restaurée et inventoriée par les services archéologiques de Tourcoing, elle m’a été laissée en dépôt et je ne perds pas espoir un jour d’en faire don au musée que beaucoup de gens aimeraient voir prendre vie sur Roncq ». « Depuis, je bats la campagne et les chantiers de construction à la recherche de nouveaux trésors, de cette sensation, de cette joie immense de la découverte ».
« A l’oeil, je récupère d’anciens plombs ou scellés apposés autrefois sur les marchandises (les anciens octrois), des pièces de monnaies trop souvent fort altérées par les engrais épandus depuis des décennies dans les champs, des morceaux de poteries, des traces de vie anciennes et plus récentes, des bouts d’histoire. J’ai repéré depuis quelques années un champ sur Roncq, qui, après chaque labour, rend petit à petit des restes de four (tuilerie, briqueterie, atelier de poterie, je ne sais pas...). Je ramasse chaque année, en automne, des « cales de cuisson » souvent vernissées avec, encore bien visibles, les marques des doigts des artisans qui les ont façonnées. Sur certaines on peut facilement lire les empreintes digitales de nos ancêtres ». 

 

Ci-dessus l'allée des Ormes

Jacqueline et Julien

avec l'aimable autorisation de Nord Eclair
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